Ceux qui me connaissent un peu savent que l'organisation et moi, ça fait plutôt cinq. Je sème dans mon appartement mes chaussures, mes cartes de banques, mes clés ou tout autre objet exotique qui, dix minutes avant le départ du train, me fera courir partout un hurlant « mais où Diable est-ce que j'ai mis ce truc ? ». Face à cette désorganisation évidente, pourtant, il y a une exception : ma bibliothèque.

Dans ma bibliothèque, chaque livre a sa place. Chaque section établie (« littérature russe », « paralittérature »...) est parfaitement en équilibre. J'ai même déjà acheté un livre simplement pour qu'il y ait un peu plus d'harmonie et de symétrie. Quelquefois, c'est le drame, un nouveau livre s'ajoute et l'ordre établi est rompu, car il n'y a plus de place dans la rangée où il devrait se trouver. Tout est donc à refaire, à revoir. Ne mettrais-je pas la littérature jeunesse plutôt de ce côté ? Ne ferais-je pas des sous-sections à la littérature anglaise ? Je réfléchis, je m'amuse, je manipule mes livres, je les respire, je les redécouvre en réinventant ma bibliothèque. Chaque livre a une position précise et réfléchie, mais jamais totalement définitive. Je réunis Bram Stoker, Mary Shelley et Stevenson ; même si ce n'est pas tout à fait contemporain, je trouve qu'ils vont bien ensemble. Hygiène de l'assassin passe de la littérature policière à la littérature francophone de Belgique. C'est tout de même mieux. Je ne laisse pas de repos à mes livres. Je confère une nouvelle âme à ma bibliothèque à chaque changement, je la fais vivre, en espérant qu'elle ne s'endormira jamais...

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